En grève depuis le 4 Décembre, les agents CGT des postes pétroliers de Fos et Lavéra du GPM de Marseille Fos, rejoints depuis Jeudi dernier par les postes de terminaux de marchandises , ont repris le travail hier après-midi.
Le conflit est intervenu alors que syndicats et direction du port
discutaient des orientations stratégiques dans le cadre de la réforme
portuaire, qui prévoit notamment le transfert des personnels de la
manutention vers des opérateurs privés.
Après négociations, la CGT a obtenu des assurances sur l'activité de déchargement des hydrocarbures par une filiale dont le port conservera 51% des parts.
Pour ma part, je suis intervenu hier, lors de la séance du Conseil Municipal, pour alerter, le Maire de Marseille, Jean-Claude GAUDIN, sur des mouvements de grève qui pourraient se répéter et s’intensifier si les négociations avec la direction du Port n’aboutissaient pas aux meilleures conditions d’applications de la loi pour les agents :
"Monsieur le Maire, chers collègues,
C’est le premier rapport qui nous est présenté aujourd’hui sur le Grand
Port Maritime de Marseille, depuis le vote le 4 Juillet dernier de la
réforme portuaire et de l’accord-cadre signé le 30 Octobre par les
Fédérations CGT des Ports et Docks et des Fédérations professionnelles.
Rapport tout à fait anodin, j’en conviens, Monsieur le Maire, sur la
désignation d’un représentant de la ville au sein du conseil de
surveillance du Grand Port Maritime de Marseille et au sein de son
conseil de développement, pour siéger au troisième collège de ce
conseil.
Mais il me permet de rebondir sur une question d’actualité : le
mouvement de grève qui a perturbé le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer
la semaine dernière.
Comme vous le savez, nous étions contre cette réforme portuaire, qui
est pour nous une loi néfaste et qui a pour but de réduire les
capacités industrielles de notre Port.
De plus, je pense que les fédérations CGT des Ports et Docks ont été
contraints d’accepter de signer cet accord-cadre afin de ne pas tout
perdre, celles de Rouen et Marseille n’ayant pas pris part au vote et
le Havre s’étant abstenu.
Depuis le vote de la réforme portuaire, base du plan de relance des 7
Ex-Ports Autonomes, et la signature de l’accord-cadre, le climat était
plus ou moins apaisé au sein de notre port.
Alors, pourquoi de nouveaux mouvements de grève ?
Les grands axes du projet stratégique pour les 5 ans à venir et la mise en application au niveau local de l’accord-cadre.
Ce dernier devait être la mise en œuvre du volet social de la réforme portuaire et garantir les meilleures conditions d’applications de la loi pour les salariés.
Aussi, aujourd’hui, Monsieur le Maire, le personnel du GPM de Marseille-Fos perd confiance dans la politique portuaire actuelle et craint une précarisation de leur emploi, dans un contexte national de crise financière et de récession économique.
« Pourquoi », me direz-vous Monsieur le Maire ?
Suite à la présentation du plan stratégique du nouveau directeur du port de Marseille, Jean-Claude TERRIER, qui je cite, annonce :
- Une privatisation des terminaux des conteneurs
- La création de filiales pour les activités terminaux-voyageurs et maintenance des outillages où le GPM resterait majoritaire
- Et la création d’une Société Anonyme pour les terminaux pétroliers où le GPM serait minoritaire, cela concerne 225 agents.
Et c’est là que le bas blesse : il ne serait plus question de les filialiser mais de les privatiser !
Malheureusement, comme je l’avais annoncé, la loi a été votée mais le dossier est loin d’être clos.
En effet, la déclinaison locale du volet social de la réforme portuaire risque d’être difficile à mettre en place à Marseille. Sans rentrer dans la polémique, je souhaitais vous alerter, Monsieur le Maire, à travers ce rapport, sur des mouvements de grève qui pourraient se répéter et s’intensifier si les négociations avec la direction du Port n’aboutissaient pas aux meilleures conditions d’applications de la loi pour les agents.
Et au-delà du volet social, nous nous devons, en tant qu’élus locaux, d’être vigilants sur les engagements pris, par le gouvernement et le patronat portuaire et maritime, en terme d’investissements pour doter nos ports, et plus particulièrement celui de Marseille, des infrastructures nécessaires en vue de rivaliser avec les autres ports du Nord de l’Europe et afin qu’ils conduisent rapidement à l’essor du trafic escompté et à la création des 30 000 emplois promis."




