Conseil Municipal de Marseille ce lundi.
"Dans le contexte de crise que nous vivons, ce débat d’orientations budgétaires devrait être un rendez-vous pour répondre aux inquiétudes des Marseillaises et des Marseillais tout en relevant les défis pour tourner Marseille vers l’avenir.
À sa lecture, ce programme est très ambitieux pour notre ville, mais, et oui il y a un mais, malheureusement, là où le bât blesse, c’est dans sa conclusion : « une volonté de tout mettre en œuvre pour améliorer encore son image et consolider l’attractivité de son territoire. »
Une fois de plus, Monsieur le Maire, nous ne sommes pas dupes, votre projet ne tient pas compte des besoins réels, des attentes des Marseillaises et des Marseillais !
De plus, les récentes annonces du Ministre de la Relance, Patrick DEVEDJIAN, lors de sa venue à Marseille, favorisaient l’investissement et la rentabilité des capitaux investis au détriment de la consommation et de l’emploi et sont loin de rassurer nos concitoyens face à la crise à laquelle nous sommes confrontés.
Ces investissements seraient alloués aux grands projets de Marseille et répartis de la façon suivante :
* 6 millions d’euros pour le MUCEM,
* 1 million d’euros pour le Fort Saint-Jean,
* 7,5 millions d’euros pour le Grand-Port Maritime, dont 4 millions pour la future digue du large
* 3,5 millions pour la modernisation du réseau ferré portuaire de Fos,
* 10 millions d’euros pour la L2 sur le site La Fourragère (projet global L2, 600 millions d’euros)
* et engagement de l’Etat pour la restauration universitaire du Plan Campus Canebière.
Vraiment rien de mirobolant !
La plupart des sommes prévues n’est qu’une confirmation de crédits qui devaient être alloués à des projets déjà en cours !
Elles
sont loin des préoccupations de la population marseillaise qui elle
revendique la hausse de salaire, la défense de l’emploi ou encore la
défense du service public,
ainsi que des réformes indispensables pour permettre le redémarrage d’une économie désormais entrée en récession.
Et pour garantir ce plan de relance attribué à Marseille, nous avons eu droit à un petit tour de passe- passe du Président de la République comme il sait si bien le faire !Après un coup de baguette magique, le père Fouettard apparaît. Condition sine qua non, les projets doivent démarrer en 2009 sans prendre de retard car 3 mois de retard équivaudrait à une perte du financement de l’Etat sur le projet concerné, des « indicateurs de performance et des outils informatiques alloués aux préfets seront destinés à contrôler la mise en œuvre des projets ».
Aussi, Monsieur le Maire, ne nous réjouissons pas trop vite, rien n’est véritablement acquis sur le plan de relance attribué à notre ville par l’Etat.
Tout comme dans votre rapport, les prévisions en matière de dotations de l’Etat ne sont guère de bon augure pour 2009. « Nous subissons une situation particulièrement difficile avec un environnement économique et financier très tendu, incertain pour les mois à venir »
Cette situation est la triste réalité, mais ne serait-elle pas déjà un aveu déguisé d’un échec pour certains projets que vous annoncez dans ce rapport ?
La dotation de garantie va baisser et vous avouez, dans ce rapport, que « cette baisse risque d’être pénalisante pour Marseille », que la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale (DSUCS) aura une attribution égale à celle de 2008 donc une perte de plus de 3 millions d’euros. La dotation générale de décentralisation sera gelée avec une enveloppe identique à celle de 2008.
Pas d’effet de surprise, pour toutes ces raisons, vous aurez sûrement recours au levier fiscal pour 2009 !
De
plus, si nous examinons la courbe d’évolution du taux d’exécution des
dépenses programmées, vous n’en avez réalisé, en 2008, que 85 % d’où
une baisse par rapport aux
94 % de 2007 et la crise n’était pas encore officiellement annoncée !
Dès lors, au vu de toutes les baisses de subventions, précédemment énoncées, comment pouvez-vous, Monsieur le Maire, chiffrer une augmentation des dépenses d’un montant de 235 millions d’euros ce qui serait équivaut à une augmentation de 24 millions d’euros en comparaison à 2008.
Face à la crise, on nous annonce un taux moyen de la dette aux alentours de 4,45 % contre 4,55 % en 2008 pour notre ville, mais malheureusement une fois de plus, l’influence des taux du marché pourrait induire un impact négatif sur les frais financiers.
Aussi, face à la réduction de l’engagement financier de l’Etat, en faveur des collectivités locales, et au contexte économique et financier très tendu, vous comprendrez donc, Monsieur le Maire, que nous ne pouvons aujourd’hui approuver un tel rapport d’orientations budgétaires pour notre ville alors que les garanties de réalisations de ces projets sont loin d’être assurées.
De plus, qu’en est-il du véritable plan de renouveau urbain ?
Du développement économique par ses créations d’emploi ?
Notre groupe s’est toujours opposé à votre politique de logement qui exclut de plus en plus les revenus les plus modestes. 30 000 personnes attendent toujours un logement social.
Je dois reconnaître que vous vous engagez à faire des efforts, concernant les logements, la construction de logements et le combat contre l’habitat indigne, mais il faut démultiplier les efforts que vous avez produits et que vous comptez produire en ciblant réellement les arrondissements qui sont les plus touchés.
Sur fond de crise, au plan national, 45 % des programmes de construction, dans le cadre du plan de relance, seront des logements véritablement sociaux. Quel va être le pourcentage pour Marseille ?
Ce désengagement de l’Etat va pénaliser davantage les ménages modestes, qui risquent d’attendre encore longtemps la mise en place effective du droit au logement opposable.
Une de mes craintes, Monsieur le Maire, est que votre politique du logement suive malheureusement la politique nationale, qui est dénoncée dans le rapport de la fondation Abbé Pierre, je cite : « l’Etat est plus soucieux de répondre aux inquiétudes du secteur du bâtiment qu’à réduire la crise du logement ».
Il faut donc une politique de logement ambitieuse, développée à l’échelle intercommunale et intégrant la notion de mixité sociale par arrondissement.
Par ailleurs,
votre soutien au développement économique est axé une fois de plus sur
le secteur tertiaire avec comme priorités Euroméditérannée et tourisme.
Ce rapport annonce une baisse du chômage, soit, mais chez les femmes et les personnes de plus de 50 ans.
Dès lors, quelles dispositions seront prises pour la baisse du chômage des jeunes ?
Qu’en est-il des projets pour la formation ?
Gagner le pari du développement économique et de l’emploi dépend et nécessite avant tout d’autres choix politiques que ceux que vous annoncez.
Marseille a des atouts qui, bien utilisés, peuvent offrir à sa population la prospérité qui lui fait défaut depuis de très nombreuses années.
Avec son Port, (Quid de vos intentions sur ce sujet dans votre rapport), ses activités industrielles, ses établissements de formation initiale et professionnelle, sa recherche de haut niveau, sa position centrale en Europe et en Méditerranée, et surtout son peuple vivant, jeune, dynamique, Marseille pourrait devenir une grande métropole du Sud.
Mais, malheureusement, nous restons dans une politique libérale qui ne fait qu’accentuer les inégalités.
Par exemple, vous souhaitez amplifier, comme l’on peut le lire dans votre rapport numéro 28 sur la politique municipale pour le Centre-Ville, la requalification de l’habitat, accroître l’attractivité touristique, retrouver l’attractivité commerciale d’antan, améliorer l’espace public avec notamment la piétonisation du Vieux-Port, réorganiser le plan de circulation et le réseau en surface avec je cite : « un centre ville qui reflète une ville vivante doit être une ville étudiante ».
Tout cela est fort ambitieux mais n’est-il pas le reflet d’écarts importants sur notre territoire d’un secteur à un autre ?
Privilégier
le développement des transports en commun pour décongestionner le
centre-ville est une bonne chose, mais nous sommes toujours en
insuffisance d’infrastructures au regard des besoins en déplacement à
l’échelle de l’aire métropolitaine marseillaise.
Relancer
l’économie est vital, mais quand est-il du social, de l’éducation, des
services publics qui sont les préoccupations des Marseillaises et des
Marseillais à ce jour ?
Vous saupoudrez de-ci, de-là quelques
réalisations sur certains secteurs, rien de plus ! Vraiment rien
d’exceptionnel ni de nouveau !
Enfin, nous sommes pour plus de démocratie participative : nos concitoyens ont peur de l’avenir en cette nouvelle année, quand allez-vous enfin entendre leurs craintes ?
Marseille a besoin de citoyenneté et de renouveau.
Si l’on veut qu’en 2013 notre ville, Capitale Européenne de la Culture, soit éblouissante, elle a besoin d’hommes et de femmes qui mettent en œuvre des choix de progrès, élaborés avec les Marseillaises et les Marseillais et réalisés avec eux.
Je vous accorde, Monsieur le
Maire, que dans de telles circonstances, présenter un rapport
d’orientations budgétaires pour 2009 n’a pas dû être une mince
affaire.
Mais malheureusement vous suivez à la lettre la politique de Nicolas SARKOZY.
Avec les Marseillaises et les Marseillais, nous voulons être acteurs des changements qui s’opèrent dans notre ville et nous ne voulons pas subir des décisions prises ailleurs et par d’autres.
Ainsi, votre programme est une fois de plus trop éloigné de la réalité et nous mettrons tout en œuvre pour contribuer aux attentes et aux changements que réclament les citoyens de notre ville."



