La loi dite « anti-piratage » serait adoptée avant fin mars. Approuvé en octobre dernier par les sénateurs, le texte devrait maintenant être adopté par les députés d'ici deux mois, garantit Nicolas Sarkozy. « Je suis certain qu'elle aura un effet très positif sur les comportements ». Nicolas Sarkozy, à l'occasion du lancement lundi à l'Elysée du nouveau Conseil de la création artistique, est revenu sur le projet de loi « anti-piratage » qui devrait être adopté d'ici deux mois. « J'ai demandé que la loi création et internet soit définitivement votée en mars prochain », a ainsi assuré le chef de l'Etat, alors que certains artistes et labels s'impatientent. « Le piratage détruit massivement la musique et le cinéma (...) je ne laisserai pas piller les droits d'auteurs, parce que derrière les droits d'auteurs, derrière la protection de ces droits, il y a tout le processus de la création», a expliqué Nicolas Sarkozy.
«Piller les œuvres musicales, piller les œuvres cinématographiques, piller les œuvres littéraires, car tous y passeront, sans respect pour celui qui a écrit, qui a composé, qui a réalisé, c'est tuer la création (...) je n'ai pas été élu pour laisser voler au supermarché», a martelé le chef de l'Etat. Avant d'assurer qu'une fois que la loi serait votée, « Internet pourra devenir enfin un fantastique lieu de création et d'échange et non une jungle sauvage où il serait permis de piller les œuvres des créateurs». La loi « création et Internet » prévoit notamment d'instaurer le principe de «réponse graduée» : un internaute pris à télécharger illégalement reçoit un premier avertissement, puis des pénalités de plus en plus lourdes à mesure qu'il récidive, qui peuvent aller jusqu'à six mois de suspension de son abonnement à Internet. Les politiques du moyen age espèrent ainsi décourager les « fraudeurs » et relancer un marché du disque en chute libre. Rien que pour l'année écoulée, le taux de téléchargements illégaux de fichiers musicaux à travers le monde se porte à 40 milliards, selon la Fédération internationale de l'industrie du disque. Cette volonté de réprimer est absurde. Non seulement ça ne règlera en rien le problème des droits d’auteurs, mais en plus, çà va développer les capacités techniques de détournement des œuvres. Enfin, il faudra que l’Etat répressif pénètre dans chaque ordinateur pour nous surveiller. Les libertés publiques et individuelles sont ainsi allègrement remises en causes. Heureusement, l’inventivité du peuple Internet saura faire fi de ces politiques à vocation totalitaire. Les auteurs et les interprètes ont besoins d’un autre mode de financement qui leurs garantisse la liberté d’expression et la liberté de diffusion.



