La réconciliation a été actée", a lancé le royaliste François Rebsamen, à l'issue d'une réunion au siège du PS entre la première secrétaire et une demi-douzaine de partisans de l'ex-candidate à la présidentielle, elle-même absente.
"Il y a une volonté partagée de rassemblement qui doit se concrétiser dès la semaine prochaine par la présentation par Martine Aubry d'une direction élargie", assure le sénateur-maire de Dijon.
Les deux parties sont convenues d'une entrée dans la direction des royalistes à une "demi-douzaine" de postes, selon les aubrystes, une "dizaine" selon les royalistes.
Dans un communiqué, Mme Royal se félicite "de la réponse positive que Martine Aubry vient d'apporter à notre demande de rassemblement". "Face à la gravité de la crise sociale qui ébranle notre pays, il est de notre responsabilité de travailler ensemble", ajoute-t-elle.
"Comme je l'ai constamment demandé, nous participerons à la direction du parti", martèle la présidente de Poitou Charentes, qui a mandaté François Rebsamen, l'eurodéputé Vincent Peillon et le député Jean-Louis Bianco pour "finaliser le dispositif le plus rapidement possible".
La direction PS d'Aubry, déjà forte de 50 membres, en comptant les secrétariats thématiques, organisationnels, conseillers, serait ainsi élargie à d'autres "portefeuilles" - questions familiales, de société - confiés aux amis de Mme Royal.
Les négociations s'annoncent cependant serrées entre les royalistes qui veulent partager les "postes régaliens" --fédérations, élections, communication, rénovation-- et la première secrétaire qui n'entend pas modifier l'architecture de sa direction.
Autre avancée: Martine Aubry veut confier "un des deux porte-parolats" pour la campagne des Européennes aux royalistes.
Ce rapprochement était nécessaire à quatre mois d'un scrutin difficile, reconnaît le porte-parole Benoît Hamon: "On a pris conscience collectivement qu'on avait altéré la crédibilité du PS par nos divisions (...) au moment où la droite est la plus dure".
Cette rencontre est l'aboutissement d'un réchauffement entre les deux clans: Martine Aubry, élue avec 102 voix d'avance sur Mme Royal, a constitué son équipe de direction le 6 décembre sans les royalistes, chaque camp se renvoyant la responsabilité de la désunion.
Mme Royal, qui pourtant a épinglé la maire de Lille dans son récent ouvrage "Femme debout" pour sa morgue supposée à son endroit, a reconnu la semaine dernière la légitimité de sa rivale: "Martine Aubry est la chef du Parti socialiste, et moi, je suis derrière".
"Si Ségolène veut s'inscrire dans le projet, notre porte est toujours ouverte", a répondu Mme Aubry.
Reste à déterminer la responsabilité confiée à Ségolène Royal, Mme Aubry lui ayant proposé "des missions à l'international et en France".



