A son arrivée en Angola vendredi, le pape Benoît XVI a de nouveau suscité l'émoi en réaffirmant son rejet de l'avortement thérapeutique.
Mardi, sa visite au Cameroun avait déjà été ternie par une polémique sur le préservatif, jugé responsable du problème du Sida par le souverain pontife. Même si je ne veux pas assimiler les croyants aux propos du pape, il serait utile que la communauté catholique exprime avec force sa condamnation des paroles assassines de ce pape rétrograde. Si ses ouailles suivent sans connaissance, sans information sérieuse, sans esprit critique leur « saint père », elles risquent fort de payer de leur vie cet obscurantisme.
Même si devant le président angolais José Eduardo dos Santos, le pape Benoît XVI a tenu un discours vendredi sur la pauvreté et le nécessaire combat contre la corruption, cela ne peut effacer ses déclarations indiquant que le préservatif aggravait le problème du sida. En rencontrant des malades du sida mercredi puis en évoquant le lendemain cette pandémie, le pape a toutefois tenté de désamorcer la controverse sur ses propos concernant le préservatif.
Cette carte géographique mondiale représente le nombre d’adultes et d’enfants vivant avec le VIH en 2007 selon les différents continents.
Mais un point abordé lors de son discours en Angola annihile sa tentative d'apaisement. Au-delà d'un plaidoyer pour le redressement d'une situation économique dramatique en Afrique, Benoît XVI a une nouvelle fois suscité la polémique en sortant une tirade anti-avortement thérapeutique: "Combien est amère l'ironie de ceux qui promeuvent l'avortement au rang des soins de la santé des mamans ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive", a-t-il lancé, faisant référence au Protocole de Maputo.
Ce document adopté par l'Union africaine en 2003 est relatif aux droits des femmes en Afrique et complète la Charte africaine. Son article 14 appelle les gouvernements à autoriser "l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du foetus".
L'Eglise catholique s'est toujours prononcée contre l'avortement, mais c'est la première fois que Benoît XVI s'oppose aussi spécifiquement à l'avortement thérapeutique. Quoiqu'il en soit, cette dernière déclaration fait écho à un autre scandale qui avait eu lieu au Brésil. En effet, tout récemment, l'excommunication controversée d'une mère brésilienne ayant fait avorter sa fille de 9 ans violée par son beau-père avait divisé l'Eglise.
Il ne s’agit plus d’une simple liberté de culte, mais d’un respect des droits de l’homme. Je suis bien convaincu que les catholiques du monde entier sauront se libérer de ces idées d’un autre âge.



