La future ligne à grande vitesse (LGV Paca), passera par Aix, Marseille, Toulon et Nice, et les travaux devraient commencer avant 2020. L'annonce a été faite hier par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, et Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports. «Le scénario métropoles du Sud est le mieux adapté. Il doit donc être retenu.» Indiquent ils.
Je veux ici me réjouir de cette décision. Lorsque j’étais député, j’avais participé au lancement de ce dossier. Le choix du tracé dit Nord, qui prévoyait de relier Paris directement à Nice en longeant l'A8 via l'Arbois, sans passer par les métropoles littorales était inadapté.
En effet, tout dépend de notre conception de l’aménagement du territoire que l’on veut porter. Ce tracé Nord avait pour objectif de relier Nice à Paris en moins de cinq heures. Mais ce choix aurait été inopérationnel et injuste.
Inopérationnel car à plus de trois heures de train, c’est l’avion qui est compétitif. Injuste parce qu’un tel tracé oubliait tout simplement la majeure partie de la population de notre région et particulièrement de Marseille.
Et au-delà, ce projet doit être conçu comme la liaison Barcelone Marseille Gênes. C’est le tracé majeur de l'arc méditerranéen donnant au sud de l’Europe toute la dimension nécessaire à son développement. Avec des services TER intra régionaux c’est l’ensemble de la région qui serait desservie par les transports collectifs. Côté environnement, la LGV emprunterait les lignes ou emprises existantes, affirme le gouvernement.
A défaut, les solutions d'enfouissement seront massivement privilégiées», indique-t-il. A Marseille, la création de la LGV devrait conduire à l'aménagement d'une nouvelle gare TGV, soit à Saint-Charles - peut-être avec la desserte souterraine évoquée dans le rapport Cousquer -, soit à la gare de la Blancarde, qui a l'avantage de ne pas être en cul-de-sac.
Et qui plus est, cette LGV devrait mettre Nice à trois heures cinquante de Paris et à une heure de Marseille. Le coût du tracé des métropoles est plus important que celui du tracé Nord : 11 milliards d'euros, « voire au-dessus de 15 milliards d'euros » indiquait la semaine dernière le préfet, contre 8 milliards d'euros pour le projet abandonné. Mais les dessertes de TGV et de TER entre les villes seront plus nombreuses.
Le projet retenu concernera ainsi plus de voyageurs. Le calendrier de réalisation du projet n'a pas été précisé, mais la procédure sera longue. Réseau ferré de France (RFF) doit désormais engager la phase d'études conduisant à une nouvelle enquête d'utilité publique, la question du « raccordement » avec l'Italie doit aussi être tranchée, ainsi que celle, cruciale, du financement.
Mais comme communiste, je ne peux que partager la nécessité d’investir pour le plus grand nombre. Il s’agit de privilégier l’intérêt général au détriment de la rentabilité immédiate. Reste que la puissance publique doit être, de bout en bout, mettre d’œuvre et gestionnaire de cette avancée technologique et humaine du 21e siècle.



