Il est des jours où la politique est passionnante.
Depuis les élections européennes la donne a un peu changé à gauche.
Le Parti Socialiste a pris une rouste comme jamais. Ou plus exactement comme en 2002.
Beaucoup à gauche s’en réjouissent sous le manteau.
Je ne partage pas cette opinion.
D’abord parce que le PS est une force politique essentielle dans le paysage politique de notre pays. Et également parce qu’il n’est pas bon pour le peuple français que ce parti soit au plus bas. Même si nos positions politiques divergent, il n’est pas bénéfique pour les françaises et pour les français que la gauche dans son ensemble soit minoritaire. N’en déplaise à mes amis du NPA (ou ex LCR).
La meilleure des preuves, c’est la politique que met en place Nicolas Sarkozy. Plus réactionnaire et de droite que ça tu meurs ! La dernière proposition qu’il vient de faire sur le perchoir du congrès de Versailles est inacceptable. En pleine crise de structure du système capitaliste, il se permet de proposer de repousser l’age d’ouverture des droits à la retraite à taux plein. Après avoir augmenté le nombre d’années de cotisations nécessaires il enfonce un peu plus le clou dans cette politique libérale qui est la cause de la crise actuelle. Partir à la retraite à compter de nos 67 ans ne règlera en rien le déficit de la sécurité sociale.
Cette situation politique issue du scrutin du 7 juin ne donne pas de force à celles et ceux qui veulent s’engager sur la voie de la transformation sociale. Et je prends les paris aujourd’hui. Lors des élections régionales de l’année prochaine, le Parti Socialiste peut retrouver ses électeurs traditionnels.
Que « Europe Ecologie » ne crie pas victoire trop tôt. Il en va de même pour le Front de Gauche. Une chose est un scrutin européen marqué par un désintérêt évident des électeurs, particulièrement de gauche. Autre chose est une élection qui permet de plus en plus aux françaises et aux français d’exprimer leur mécontentement.
Car si l’on regarde de plus près le résultat des européennes, on peut constater que la progression d’Europe Ecologie et du Front de Gauche est du à un transfert des électeurs qui, lors des élections présidentielles et législatives, votaient socialiste.
Alors soyons plus précis. C’est ma conviction aujourd’hui encore. Si les forces politiques à gauche, hors PS, ne sont pas rassemblées, le Parti Socialiste apparaîtra encore comme la force la plus crédible sur ce coté de l’échiquier politique. Le seul enjeu lors des prochains scrutins pour Europe Ecologie comme pour le Front de Gauche, serait alors de sauver les meubles et de conserver le score en % qu’ils ont fait aux dernières européennes. Mais une chose est de faire 16% et 6,5% avec une forte abstention, autre chose est de réaliser ces scores avec une mobilisation maximum des électeurs comme pour les dernières présidentielles.
Je crois qu’il nous faut être optimiste et réaliste.
Raisonnablement optimiste par le bon résultat du Front de Gauche qui, en passant devant le NPA, a fait la démonstration que les électeurs ne sont pas fous. Ils préfèrent des partis prêts à mettre les mains dans le cambouis que des contestataires éternels qui font le jeu, in fine, des forces conservatrices.
Réaliste par l’expérience de ce type de situation politique qui tend à démontrer que les électeurs, de gauche, comme de droite d’ailleurs, vont vers les forces ou les rassemblements politiques qui leurs paraissent les plus à même de remporter la victoire. C’est bien pourquoi il faudra que le Front de Gauche démontre sa capacité à être une force d’avenir.
Marie George Buffet le sait bien puisqu’elle a plaidé, au dernier conseil national du PCF, pour que la démarche du Front de Gauche inspire la formation de listes les plus larges possible à gauche, y compris avec le PS.



