Je rentre de congés et voila que l’actualité politique est déjà là.
Publiée sur le site de France 2 voici l’info qui fait grand bruit à Marseille.
« Le ténor du PS a réuni samedi à Marseille les leaders de la "famille progressiste", allant selon lui du PCF au centre
Lors des ateliers de son courant "L'Espoir à gauche", Vincent Peillon a affiché une complicité radieuse avec Daniel Cohn-Bendit (Verts), Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias (MoDem), Robert Hue (ex-PCF) et Christiane Taubira (PRG), dans une cohue de journalistes.
Pour lui, "la victoire de 2012" se fera "autour de cette formule de rassemblement".
A quelques jours de l'université d'été du PS à La Rochelle, Vincent Peillon a effectué une rentrée politique en fanfare en réussissant ce rassemblement. Samedi à Marseille, il a salué ainsi le "commencement" du rassemblement "écologique, socialiste et démocratique" en vue de la présidentielle de 2012. Il a qualifié cette réunion des leaders d'opposition d'"événement historique dans l'histoire de la gauche française", de "signe d'espoir" dans ce "désert profond" que le PS traversait depuis le congrès de Reims.
Devant un amphithéâtre comble et enthousiaste de 1.500 personnes, très applaudie, Marielle de Sarnez (MoDem) a adhéré à un tel rassemblement: "Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise." Le bras droit de François Bayrou a fustigé au passage l'"ultrapersonnalisation du pouvoir", l'"hégémonie" et la "partialité" de Nicolas Sarkozy. "Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres."
Plus distancié, Daniel Cohn-Bendit, auréolé du succès d' Europe Ecologie aux européennes du 7 juin, a prévenu que si le PS en guise de "rassemblement" ne donnait qu'une "chambre de bonne" à ses partenaires "une chose est sûre, le président en 2012 sera Sarkozy". Il a toutefois appelé à "commencer ce grand débat social, écologique et démocratique", en demandant d'"adhérer massivement à ce rassemblement" tout en gardant la "double appartenance".
Si Christiane Taubira (PRG), plus sceptique et évoquant un "ouvrage considérable", n'a "pas voulu gâter la sauce", elle a émis quand même quelques bémols en appelant à "constater les désaccords" tout en étant "capable" de les dépasser. "Nous avons à faire l'inventaire de nos pratiques de pouvoir, entendre l'inventaire des pratiques de pouvoir des autres."
"Rien ne m'effraie dans les propositions de rassemblement qui sont les nôtres", a estimé pour sa part Robert Hue (PCF) qui a parlé, tout comme le sénateur-maire PS de Dijon François Rebsamen, de "compromis historique".
Objectif: des primaires au PS
Samedi à Marseille, Vincent Peillon et Manuel Valls ont plaidé longuement pour l'organisation de primaires ouvertes à toute la gauche pour la présidentielle de 2012. "Dans ce cycle politique qui commence, c'est la dernière tentative pour nous sauver. C'est une question de vie ou de mort", a prévenu Manuel Valls.
Dimanche, le député PS Arnaud Montebourg, farouche partisan des primaires (au point d'avoir menacé de claquer la porte si ce système n'était pas adopté), a estimé que cette idée "progresse" et commence à faire l'objet d'un "consensus" avec l'adhésion de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon.
Les partisans des primaires pressent la première secrétaire du PS Martine Aubry d'en accepter le principe. Mais la dirigeante socialiste ne veut pas en débattre avant les élections régionales, au printemps prochain. Minés par trois présidentielles consécutives perdues et une crise de leadership qui perdure au PS, les avocats des primaires estiment qu'un candidat commun à tous les partis est la seule solution pour que la gauche revienne au pouvoir.
A tel point que Vincent Peillon, qui n'appartient pas à la direction actuelle du PS, a accepté l'idée que son parti renonce au leadership de la gauche. "Nous disons 'chiche'", a-t-il lancé en clôture des débats. "A égalité de droits et de devoirs, construisons la gauche et la France de demain". Daniel Cohn-Bendit, le chef de file d'Europe Ecologie, qui a talonné le PS aux européennes, a proposé de créer un "rassemblement écologique, social et démocratique" auquel adhéreraient les partis. Il a réclamé des preuves de bonne volonté au PS, notamment l'inventaire des points sur lesquels la gauche a échoué quand elle était au pouvoir et le renoncement à toute tentation hégémonique. Mais il n'est toujours pas disposé à se présenter à la présidentielle de 2012.
Delanoë favorable à des primaires à gauche
A l'instar des "quadras" du PS, le maire socialiste de Paris s'est dit favorable samedi à l'organisation de primaires pour désigner le candidat de la gauche. Il y voit un remède à la "crise de crédibilité et de leadership" au PS. "Les primaires sont un élément possible de notre rénovation. Je suis pour. Je ne dis pas que nous aurons résolu tous nos problèmes de crédibilité seulement par les primaires, mais les primaires font partie" des solutions.
Dès vendredi, Vincent Peillon et les amis de Ségolène Royal, réunis à Marseille, sont montés au créneau pour réclamer rapidement des primaires ouvertes. La question de primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012 divise le PS en cette fin d'été. Ses partisans acharnés déclarés mettent la pression sur la direction pour obtenir une décision rapide, alors que d'autres, comme les amis de Laurent Fabius, se montrent plus réservés. Dimanche, Pierre Moscovici, membre de la direction du PS, a souhaité que l'université d'été du parti ne se focalise pas sur la question des primaires pour la présidentielle de 2012, ou sur une une alliance avec le MoDem -qui ne fait pas l'unanimité.
Le Parti socialiste fait sa rentrée officielle les 29 et 30 août à l'occasion de son université d'été à La Rochelle.
Hamon contre toute alliance avec le MoDem
Contrairement au courant de Vincent Peillon, le porte-parole du PS Benoît Hamon ne "conçoit aucune alliance" avec le MoDem de François Bayrou "tant qu'il garde son orientation libérale actuelle", déclare-t-il dans un entretien paru samedi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Cette ligne n'est pas dictée par le "sectarisme" mais par la "cohérence politique", affirme-t-il. "Si le MoDem fait des choix de fond qui l'amènent à se reconnaître dans notre famille politique, la gauche, il n'y aura pas de difficulté. Mais tant qu'il garde son orientation libérale actuelle, je ne conçois aucune alliance nationale avec lui", une règle qui vaut notamment pour les régionales de 2010. »



