Jean Sarkozy a renoncé à briguer la présidence de l’EPAD. C’est la meilleure décision qu’il pouvait prendre dans la situation où il se trouvait. Car, « si les valeurs sont vagues, et si elles sont toujours trop vastes pour le cas précis et concret que nous considérons, il ne nous reste qu’à nous fier à nos instincts » (Jean-Paul Sartre).
Je ne sais pas, si c’est son père ou lui, qui a pris l’initiative, mais la droite était en mauvaise posture. Jean Sarkozy, coaché ou pas par son président de père, a sans aucun doute pris une décision qui lui sera profitable pour l’avenir.
Ce qui m’amuse aujourd’hui c’est l’embarras dans lequel cette décision place les soutiens inconditionnels de la famille Sarkozy. Chatel, Bertrand, Balkany, Lefebvre, Paillé, l’UMP, etc. Tous ont chanté les louanges du prince Jean dès les premiers jours de la polémique. Tous sont montés au créneau pour dire combien la candidature du fils du Président à l’Epad était «légitime», eu égard à son «talent», ses «aptitudes», sa «précocité»…
Permettez-moi de rappeler ici ce que j’écrivais pour ma part, quelques notes plus bas : « Je ne doute pas, à priori, que l’enfant prodigue rassemble toutes les compétences voulues pour exercer une telle responsabilité. L’âge, de mon point de vue, n’a rien à voir à l’affaire ». Je crois, en effet, sincèrement que la politique mérite un peu de morale et d’honnêteté intellectuelle.
Et voilà que ce candidat tellement idéal, tellement fait pour le poste, se défile. Obligeant ses plus ardents défenseurs à un revirement difficile à opérer. Voila un exemple patent d’une pratique exécrable en politique.
Cette conduite amène les uns ou les autres à un conformisme stérile où plus personne n’émet la moindre conviction personnelle, la moindre idée originale, la moindre position qui ne s’inscrive dans le chemin tracé par le chef, le patron, pourquoi ne pas dire le gourou.
Mais qu’attendons nous pour libérer nos esprits et insuffler un peu d’esprit critique, et peut être un peu de conviction. Car, quelque soit notre numéro de passage, tous les moutons de Panurge finissent à l’eau.
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