Le conseil national du Pati Communiste vient de franchir un grand pas. Il a voté aujourd’hui, à une très large majorité, l'autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des élections régionales. Le fait est suffisamment historique pour le souligner.
Depuis de très nombreuses années, le PCF était l’allié du Parti Socialiste dans la quasi-totalité des scrutins. La gauche était représentée traditionnellement par ces deux forces issues du même sérail. Mais l’histoire politique de ces dernières années a porté le PCF à des scores qui ne faisaient plus de lui la force incontournable à gauche. Alors, d’hésitations en hésitations, le Parti Communiste a fini par s’engager sur la voie du Front de Gauche aux dernières élections européennes. Cette nouvelle stratégie a relativement portée ses fruits puisque ce Front a tutoyé les 7% et surtout a distancé le NPA tout frais moulu de la matrice de la feu LCR.
Aujourd’hui le PCF lance un appel au rassemblement « C’est avec l’ambition à nos yeux incontournable de relever ces défis que le Parti communiste lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social, associatif, issus de la ruralité comme des grandes zones urbaines et de leurs quartiers populaires, à travailler ensemble pour que puisse s’exprimer dans ces élections de la manière la plus forte et la plus claire possibles la volonté de politiques et de majorités régionales résolument engagées à gauche. »
Apprécions à sa juste valeur cette initiative. Elle vise au rassemblement : « Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche, autour d’ objectifs et de projets clairs, sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au 1er tour, qui, à partir mais très au delà des trois forces qui se sont rassemblées à l’élection européenne (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire), permettraient de réunir toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche. Ces listes pourraient s’ouvrir à des forces nouvelles, et faire une large place à toutes les femmes et les hommes, citoyens, militants du mouvement social, élus locaux, qui dans leur diversité partagent l’urgence de cette démarche de clarté et de rassemblement. Cette unité, cette diversité, cette large démarche de rassemblement, tout en assurant la juste représentation des partis qui l’initient et en s’appuyant sur leurs acquis électoraux, devront s’exprimer dans la composition des listes, jusque dans le choix des têtes de liste régionales et départementales. »
Le PCF a donc validé le principe d'une ouverture du Front de gauche, créé avec Jean-Luc Mélenchon. Il s'agit donc de poursuivre l'alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (ex-NPA) au sein du Front de gauche, qui avait recueilli 6 % des voix aux européennes.
« Il faut faire de ce Front un levier pour faire bouger le curseur à gauche », a déclaré Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil national.
La seule question que je me pose, c’est de savoir si cette démarche sera celle adoptée nationalement ou bien sera-t-elle appliquée à géométrie variable ? « Le conseil national appelle les communistes à prendre leurs décisions région par région en pleine connaissance de cette offre, en appréciant les possibilités de la conduire dans chacune de leurs régions, en prenant les meilleures décisions possibles pour faire avancer les objectifs qu’elles énoncent. »
Cette stratégie doit désormais être discutée région par région. N’est ce pas ouvrir la porte à des alliances à la carte ? La stratégie adoptée ne serait donc pas obligatoirement la même en région Nord Pas de Calais et en région PACA par exemple ? En Nord Pas de Calais nous pourrions aller aux régionales sur une liste Front de Gauche élargie et en région PACA sur une liste PS-PCF ?
Si tel était le cas, la crédibilité du PCF n’en serait-elle pas réduite? Des accords locaux avec le PS dès le premier tour pourront donc se dégager. Pour le PCF comptant 185 conseillers régionaux sortants dans les 18 exécutifs régionaux gérés avec les socialistes, l’enjeu est de taille.
Mais nous verrons bien. Ce dimanche « l’offre nationale » du PCF a été votée à 80,3% (126 voix pour, 22 contre et 9 abstentions) lors du Conseil national réuni au siège du Parti, place du Colonel Fabien à Paris. Selon le texte final, « ces listes en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche sur des choix clairs » alors que le NPA « persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche ».




