Les limites de la gouvernance partagée ont été atteintes. De toute part, les interrogations se font jour. Comment peut-on gérer ensemble une collectivité territoriale comme Marseille Provence Métropole dans un consensus bien hypothétique?
Qui peut croire que les élus de la droite extrême ont les mêmes objectifs que les élus communistes ou les élus socialistes ? On a l’impression qu’ils sont tous, ou presque, devenus adeptes de Spinoza « Ce qui conduit à la société commune des hommes, autrement dit ce qui fait que les hommes vivent dans la concorde, est utile ; et au contraire, est mauvais ce qui introduit le discorde dans l’état ». Le bémol qu’il faut apporter ici, c’est que nos élus consensualistes confondent la société et l’hémicycle de la Communauté Urbaine.
Car l’épisode du dossier ordures ménagères a révélé qu’une ligne de démarcation existe bien entre les orientations de droite et celles de gauche.
Qu’Eugène Caselli, secrétaire départemental du Parti Socialiste dans les BdR, ai été élu président de la CUM, avec plus d’élus de droite que de gauche dans l’hémicycle de la CUM est une antinomie.
Le paradoxe est donc bien là. Une majorité de droite qui élit un président de gauche, et des Maires de toutes les couleurs politiques qui gèrent cette EPCI en bonne entente.
Plus encore, toutes les forces politiques représentées participent à l’exécutif. Elles se partagent les vices présidences, les présidences de commissions et autres désignations dans les organismes extérieurs.
Cette situation porte les germes du rejet des politiques. Elle ne la favorise pas, elle crée l’opacité. Elle ouvre la porte à toutes les manœuvres politiciennes possibles et à tous les marchandages. Qui est responsable ? Qui gère réellement ? Qui décide ? Qui soutient ?
Que les uns et les autres s’accommodent de cette volonté consensuelle ne m’étonne guère. Ce qui me surprend le plus c’est que cette pratique amène les uns et les autres, qu’ils soient de gauche comme de droite, à faire des choix identiques.
Il aura fallu que l’on connaisse la mésaventure, pour ne pas dire plus, des ordures ménagères à Marseille, pour que le choix d’une gestion publique de ce dossier soit enfin envisagé. Car rien ne légitime l’offre gracieuse que la puissance publique fait aux entreprises privées de ce secteur. Il en va de même pour la gestion de l’eau. Le contrat d’affermage arrive bientôt à expiration pour la CUM. Combien serons- nous pour garantir aux usagers une distribution de l’eau de qualité à prix réduit débarrassé de la contrainte de l’actionnaire privé ?
Une gestion de gauche de l’urbanisme sur la CUM est de favoriser la construction de logements sociaux dans les quartiers sud de la ville de Marseille mais aussi dans toutes les communes de l’intercommunalité marseillaise ! Pourtant nous sommes encore bien loin d’atteindre les 20% de logement sociaux dans toutes les communes de la CUM, y compris celles qui ont des Maires de gauche.
Une gestion de gauche de la fiscalité, c’est quand même bien d’avoir un traitement équitable sur l’ensemble du territoire ! Pourtant, à l’unanimité, sauf seuls 6 élus communistes de Marseille, les élus de droite et de gauche (y compris des élus communistes) ont voté une augmentation plus forte de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les ménages marseillais que pour les autres communes.
La gauche et la droite ne doivent pas se différencier par les seuls discours. Il faut redonner ses lettres de noblesse à la politique. Gérer en politique, comme dans la vie d’ailleurs, c’est choisir.
Et je préfère m’engager en politique au sens ou l’exprimait Victor Hugo « Voyez comment ce qui profondément juste est toujours, en même temps, profondément politique »



