Il est parfois intéressant de se replonger dans l’histoire. J’ai lu récemment une intervention de Jacques Duclos qu’il prononça devant l’assemblée nationale en mai 1947. Les acteurs ne sont plus les mêmes, les rapports des forces non plus.
Rappelons-nous. Paul Ramadier (socialite) constitue le 22 janvier 1947 le premier gouvernement de la 4e république. Celui-ci est composé de socialistes, de MRP, de radicaux et de communistes. C’est la période de la reconstruction de la France. Après son implication dans la résistance française le PCF est le premier parti du pays à cette époque avec 28,2 %. Score qu’il n’atteindra plus jamais.
Et parce que les communistes désapprouvent la politique Indochinoise du gouvernement, le président du conseil - on appelait ainsi le premier ministre de l’époque - met fin à leurs fonctions ministérielles le 5 mai 1947.
Jacques Duclos déclarait, « En tout cas, ce que je tiens à dire, c’est que la parti communiste, qu’il soit ou qu’il ne soit pas au gouvernement, se considèrera comme un parti de gouvernement et comme un parti d’autant plus responsable devant le pays qu’il est le premier parti de France ».
Avec la puissance nouvelle de l’URSS sur l’échiquier mondial à la libération, le PCF apparaît comme l’ennemi à abattre, ou tout au moins, à contenir, pour toutes les autres forces politiques de droite comme de gauche.
Et pourtant, Jacques Duclos poursuit son discours avec la même conviction, « Ne croyez pas surtout que nous nous réjouissons d’éventuels échecs de partis voisins (il pensait là au parti socialiste, la SFIO et aux Radicaux), car nous ne voulons jamais perdre de vue que les échecs des partis pourraient être des échecs de la France ».
Plus encore, il rajoutait un peu plus loin, « Nous agirons en vigilants défenseurs du peuple de France, en partisans de l’unité d’action entre socialistes et communistes, en protagonistes ardents de l’union de tous les républicains, qu’ils soient croyants ou non croyants, (à l’époque le caractère religieux était encore très présent en politique pour certain parti) dans le respect des convictions et des opinions de chacun ».
Bien entendu, comparaison n’est pas raison, mais j’avoue qu’il est instructif de voir que les temps changent mais pas les nécessités politiques.
L’objectif politique est toujours concomitant avec la stratégie pour l’atteindre.
L’un sans l’autre réduit la force à néant.



