Si l’histoire nous enseigne que la volonté de construire un bonheur collectif qui « s’impose » à tous induit inévitablement le totalitarisme, nul doute que la recherche de la félicité pour chacun d’entre nous est un objectif personnel toujours d’actualité.
Certains ont voulu très sérieusement remplacer l’étalon de l’efficacité économique et sociale, actuellement mesurée avec l’outil du PIB (Produit Intérieur Brut), par une un outil statistique qui prenne en compte le Bonheur Intérieur Brut (BIB).
Là aussi, restons simple. Le bonheur n’est que très difficilement définissable. Sa mesure est profondément personnelle sa réalité plus encore. Elle dépend de nos goûts, de nos envies, de nos aspirations, de nos plaisirs intimes. De ce point de vue, l’argent ne fait pas le bonheur ! Certes, mais soyons assuré que la pauvreté ne favorise pas l’épanouissement personnel.
Là où les hommes sont privés du droit de vivre par la collectivité, peuvent-ils vivre heureux ? Le bonheur peut-il exister dans une société paupérisée ? Peut-on être soit même heureux, par exemple, quand des enfants, des femmes et des hommes sont sans abris, dans un pays riche comme la France et que nos représentants gouvernementaux décident d’une terrible saignée dans le budget du Samu social? Cela va se traduire par la suppression de 5000 nuitées par jour avec des conséquences dramatiques pour les publics concernés remis à la rue. C’est une mise en danger de la vie d’autrui et c’est criminel !
Le droit au bonheur pour chacun n’est possible que s’il y a égalité des conditions d’accès à la vie.
Le président du Samu social, Xavier Emmanuelli, vient d’ailleurs de démissionner. Protestant contre le désengagement considérable de l’État de l’institution qu’il dirigeait, Xavier Emmanuelli n’a trouvé pour se faire entendre qu’une forme ultime de protestation : la démission. Ce geste doit nous alerter. L’heure est grave pour l’urgence sociale.
Si le bonheur collectif est inaccessible, n’avons-nous pas la responsabilité collective de soutenir les trajectoires personnelles donnant aux individus les moyens de sécuriser leur propre devenir.
L’urgence sociale doit être soutenu et reconnu comme un service public fondamental. Au lieu d’opposer l’effort de solidarité à la réalisation de soi, c’est en inventant de nouveaux modes de socialisation que l’individu pourra s’accomplir !




