Parce que le développement de nos sociétés et, donc, l’épanouissement de chaque être humain sont conditionnés par notre capacité à dominer l’évolution des villes et bâtir des villes durables où il y fait bon vivre, une ville, maitrisée et démocratiquement élaborée, devient un enjeu d’avenir.
Les enjeux principaux sont connus : la démographie, l’urbanisation, le logement, la mobilité, l’environnement, l’activité économique et la cohésion sociale.
Il est essentiel que l’ensemble des acteurs publics et privés ait une vision globale et commune de ces enjeux pour que nous trouvions, tous ensemble, les solutions adéquates qui favorisent le développement durable de notre agglomération.
Comme le SCOT, ce débat sur le PADD doit constituer la base d’une politique métropolitaine partagée. Marseille va-t-elle être capable de jouer ses atouts pour devenir cette grande métropole Euro Méditerranéenne de projet dont sa population a besoin ou va-t-elle regarder passer sa chance ?
Les temps changent et nous nous devons de changer avec. Marseille a des atouts qui, bien utilisés, peuvent offrir à sa population la prospérité qui lui fait défaut depuis de très nombreuses années.
Avec son Port, ses activités industrielles et commerciales, ses établissements de formation initiale et professionnelle, sa recherche de haut niveau, sa position centrale en Europe et en Méditerranée, et surtout son territoire, Marseille a des atouts divers et variés. Mais jouer dans la cour des grands n’a évidemment d’intérêt que si cette promotion lui permet d’assurer un développement au profit de sa population.
Parce que ce PADD constituera le support pour l’écriture de l’ensemble du document PLU, il aura donc des conséquences concrètes dans la vie de tous les marseillais.
Le 16 mai dernier, la majorité de droite au Conseil Municipal de Marseille a présenté son Projet Municipal proposant les grandes orientations et options pour l’évolution urbaine de Marseille pour les 20 années à venir. Comme je l’ai dit à l’époque, ce projet politique de la droite Marseillaise est néfaste pour notre ville et ses habitants.
Et paradoxe de la loi, le document PADD qui nous est transmis aujourd’hui pour débat à la Communauté Urbaine retranscrit fidèlement l’esprit du Projet Municipal.
Et paradoxe des paradoxes, ce projet de la droite Marseillaise se veut en cohérence avec le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de MPM que ce PADD décline en ses 5 axes majeurs.
J’ai donc eu l’occasion de transmettre à mon ami Patrick Magro, Vice-Président de la CUMPM chargé du SCOT, quelques critiques essentielles qu’il a pris en compte dans le SCOT que nous venons de voter.
Mais le PADD de la ville de Marseille entre en contradiction avec ce dernier.
En effet, le PADD qui nous est présenté entérine concrètement les Pôles d’échanges Capitaine Gèze et Castellane comme des terminus. Ils deviendront ainsi les portes d’entrées Nord et Sud de Marseille avec les conséquences catastrophiques que cela aura sur la circulation automobile de la ville et l’accroissement de la pollution. Il bloque toute possibilité d’extension de métro jusqu’à l’Hôpital Nord par exemple.
De plus, il rend pratiquement impossible un vrai Transport en Commun en Site Propre au sud de la ville, des Navettes maritimes jusqu’à l’Estaque et Pointe Rouge ou la requalification urbaine de l’axe Jarret/Sakakini.
C’est vers la suppression de la voiture en centre et péri centre-ville avec des parkings en périphérie et une accessibilité résidentiel qu’il faut tendre.
Ces documents manquent d’ambition. Mais le plus grave concerne le logement.
Notamment pour l’hyper centre, on se doit de répondre à la demande locale particulièrement en logement social afin de veiller à un certain nombre de grands équilibres définis par la loi SRU
À ce jour, Marseille ne répond pas au 20 % de logements sociaux par arrondissement mais seulement par projet. Je l’ai exprimé à de multiples reprises, ici. Il faut une action beaucoup plus volontariste au regard de la crise du logement. Inscrire une proportion de 20 % de logements sociaux dans tous projets de développement de l’habitat est certes une première avancée, mais ça ne peut être qu’un minimum et non un objectif, sous peine de voir perdurer très longtemps le retard et les écarts entre arrondissements. Nous sommes loin du compte sur Marseille.
Quant aux grands espaces commerciaux, on constate un surnombre par rapport à la capacité d’absorption par notre métropole au détriment des commerces de proximité.
Enfin, rien n’est envisagé pour favoriser l’activité industrielle nouvelle, notamment portuaire, dont la crise actuelle démontre l’urgente nécessité de relancer la croissance économique durable de notre ville comme du pays.
Marseille est connue voire reconnue mais cela ne lui suffira pas pour résister aux maux de la politique que veut mettre en œuvre la droite Marseillaise. Vouloir projeter Marseille dans le 21ème siècle restera de l'utopie si l'on suit ce projet d'aménagement de développement durable. Nous ne répondrons pas aux attentes du 21ème siècle avec les recettes du précédent.




