Paru dans le journal « La Provence » hier.
Un passant s'arrête, un peu interdit, sur le trottoir du boulevard Baille (6e). Serre la main qu'on lui tend. "Pourquoi vous me dites bonjour ?" "Parce que je m'appelle Frédéric Dutoit et que vous allez voter pour moi !", répond le candidat Front de gauche de la 5e circonscription. Éclats de rire. Autour, les militants enchaînent, glissent les tracts dans les mains des badauds qui ralentissent. "Je me régale, je suis beaucoup moins stressé que lorsque j'étais député des quartiers Nord et qu'il fallait repartir à l'attaque", assure Frédéric Dutoit.
Le conseiller municipal qui dirige désormais une structure d'aides à la personne, profite de quelques fins d'après-midi pour arpenter les rues. Direction, ce jour-là, le foyer du peuple de Menpenti où il prendra la parole. C'est l'autre méthode préférée du Front de gauche. Multiplier les "assemblées citoyennes" sur des thématiques précises, emploi, service public, santé "On a entre 80 et 120 personnes à chaque fois. C'est du concret. On peut directement discuter avec les gens de ce qui les touche. On mise sur la dynamique de Mélenchon pour accentuer le changement. On a fait partir Sarkozy, mais tout reste à faire."
Convaincu que "Marie-Arlette Carlotti l'emportera" dans une circonscription où la ministre socialiste est au coude-à-coude avec le député UMP Renaud Muselier, le candidat Front de gauche sait que le second tour est un doux rêve pour lui. Mais il veut "peser. Pour pouvoir faire avancer nos idées et sortir de la crise. Depuis la venue de Jean-Luc Mélenchon sur les plages du Prado il y a deux mois, on sent que le Front de Gauche a étalé son influence dans tous les quartiers et les couches sociales. L'idée est donc de concurrencer le Parti socialiste sur le fond." Application le soir même sur la place Pierre Roux où l'attendent quelques dizaines de citoyens.




