Samedi nous seront le 28 juillet 2012. Cette date est marquée dans ma mémoire. C’est un 28 juillet que mon ami Guy Hermier nous a quitté.
11 ans plus tard je n’ai aucune nostalgie, juste un souvenir de ces moments passés à ses cotés dans les combats durs et passionnants que nous avons menés ensemble.
Le passé n’est plus et l’avenir pas encore. Ce n’est pas une raison pour vivre sans mémoire. Il ne serait pas de Guy de faire du présent une redondance de l’histoire. L’instant, toujours neuf, construit le monde d’aujourd’hui. Mais l’oubli ferme l’esprit du novateur. Il rétrécit son champ de vision et sa sagacité.
Homme fidèle à sa propre histoire, Guy Hermier ne s’est jamais départi de son engagement de communiste. Pour autant, sa fidélité ne l’a pas amené à accepter le pire. Bien au contraire, elle l’a poussé à renouveler sa propre pensée. Nous pouvons dire aujourd’hui, avec l’expérience récente, qu’il avait une vision assez juste de la voie à suivre. L’évolution actuelle de la gauche témoigne de sa clairvoyance.
Sa conception concrète du monde qui nous entoure et sa finesse politique ont toujours porté, celles et ceux qui l’ont côtoyé, à l’admiration, quelque soit leurs convictions.
Toutes les barbaries du XXe siècle ont su naitre des perversions des idéologies. Celles de note temps empruntent le même chemin, celui des intégrismes. Aux antipodes du dogmatisme le plus étroit, du fanatisme malsain, ou de la foi inopérante pour qui veut changer le monde, Guy Hermier bousculait ses propres idées comme un devoir révolutionnaire.
Il ne suffit pas de croire en des idées justes, pour être pertinent dans ses jugements ou efficace dans son action. Avoir la volonté de construire du neuf, d’agir pour l’émancipation humaine n’est pas un sacerdoce, mais il y faut de l’intelligence et de la lucidité. Il y faut aussi de la responsabilité et du courage.
Guy Hermier était de ces hommes qui ne confondent pas morale et raison, vertu et réalisme. Il était de ceux qui se construisent une déontologie de l’action politique pour atteindre leur objectif. Son ambition, au service d’une fin estimable, a marqué son action par l’écoute de l’autre et l’analyse fine de l’environnement humain de son temps.
Merci Guy !
« La vertu d’un homme, c’est ce qui le fait humain, ou plutôt c’est la puissance spécifique qu’il a d’affirmer son humanité ». André Comte-Sponville dans « Petit traité des grandes vertus » Ed PUF, page 11




