Tribune de Stéphane Bonnéry, chercheur en éducation, réseau école du PCF
Les enseignants sont dans la rue. Et voilà qu’autour du gouvernement on les accuse encore d’« immobilisme et de corporatisme ». Si les réformes proposées rompaient avec les logiques libérales, probablement que les profs ne se battraient pas contre ! L’immobilisme semble au contraire bien qualifier la logique des réformes scolaires par rapport aux gouvernements précédents. A quand le changement de cap, une vraie direction à gauche et la démocratisation scolaire ? Quel gâchis ! Alors que les attentes sont si grandes et les besoins énormes.
La grande réforme annoncée de l’école se trouve cadenassée dans la préparation de l’acte 3 de la décentralisation : la réforme des « rythmes » est un prétexte pour transférer progressivement la scolarité vers les municipalités, les associations et les officines privées, donc sans égalité entre territoires. En effet, après avoir supprimé les postes pour les classes de toute petite section, et d’avoir supprimé les samedis matins (au total, l’équivalent de deux ans de scolarité), la réforme propose de basculer les 24h hebdomadaires en cinq jours... et dit qu’on va augmenter le temps pour les enfants... "grâce" à l’intervention périscolaire.
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