Cinq jeunes hommes ont été blessés hier soir par arme à feu à Bobigny vraisemblablement dans une affaire entre deux bandes rivales. Cette affaire intervient au lendemain de la fusillade de samedi soir à Belleville à Paris.
Après la venue à Marseille la semaine dernière des deux ministres Christiane Taubira et Manuel Valls nous devons constater que l’insécurité n’est pas l’apanage marseillais, ce qui relativise la stigmatisation dont souffre la population de notre ville aujourd’hui.
Mais il ne s’agit pas non plus de minimaliser le problème. La drogue et le trafic d’armes, s’ils se développent dans tous les grands centres urbains de notre pays, n’en sont pas moins condamnables.
Alors, soyons sérieux dans l’analyse.
Les maux dont souffrent les marseillais sont les mêmes que ceux qu’endurent les parisiens, les lyonnais ou les strasbourgeois. Dans tous les cas, ils s’étendent dans les « cités populaires » des agglomérations.
De plus, il ne s’agit pas de petite délinquance dû à la mauvaise éducation des parents ou aux âmes mauvaises de certains individus jeunes ou pas, immigrés ou pas.
Il s’agit aujourd’hui d’une nouvelle forme du grand banditisme. Les petits délinquants deviennent grands, pas tous heureusement. Ils s’organisent pour être plus efficaces dans leurs larcins. Ils investissent dans des moyens plus opérants. Ils prospectent des marchés nouveaux. Ils capitalisent le produit de leurs activités. Ils blanchissent leur argent sale pour se reconvertir dans des professions honorables et préparer leur avenir avec sérénité.
Nous sommes donc bien face à une question de société. Il nous faut en prendre la mesure et agir en conséquence.
Premièrement par la répression sans concessions. Les mesures annoncées par Manuel Valls et Christiane Taubira vont dans ce sens. Je souhaite qu’elles prouvent rapidement leur pertinence.
Deuxièmement, il faut agir sur la source du problème de société que nous rencontrons par la lutte contre la misère et le désœuvrement de populations entières.
La tache est ardue, certes, mais honnêtement, il ne faut pas jouer petit bras. La gauche a quatre ans pour réussir là où Sarkozy a échoué parce qu’il ne voulait pas s’attaquer aux racines du mal.




